Une première conférence sur l’histoire de La Sauvetat du Dropt, qui avait lieu dans la Maison des Loisirs samedi 1er mars, a vu se déplacer de nombreuses personnes, des sauvetatois ainsi que des habitants des communes alentours.
Dominique Aumônier, conférencier de la soirée, et son épouse Béatrice, tous deux historiens ayant choisi la voie de l’enseignement, ont fait de nombreuses recherches sur le passé de notre village en s’appuyant sur le peu d’archives que possède la commune et le département. Malgré tout, en entrecroisant l’histoire de la Vallée du Dropt et celle de la grande Histoire, l’historien dessine ce que fut le village de ses débuts supposés jusqu’au XIIIème siècle plus documenté.
Voici le résumé envoyé par Dominique. Il reprend les éléments importants de sa chronologie.
« L’ Histoire de la Sauvetat du Dropt au fil des sources : première partie «Des origines à la Sauvetat de Caumont Ier-Vème siècles-XIIIème siècle ».
Cette soirée du 1er mars 2025 organisée par l’Association Art et Culture en liberté, consacrée à l’Histoire de la commune est destinée a ranimer l’intérêt des habitants du village et des environs pour leur mémoire et leur patrimoine.
Antoine Aloy a ouvert la voie en 1880 en publiant sa « Notice sur la ville et juridiction de la Sauvetat de Caumont », dressant un état des lieux des connaissances sur le passé du village à la fin du XIXème siècle.
Depuis, aucun document d’archive nouveau n’a été mis au jour. Mais quelques publications sont venues enrichir la réflexion historique. Dans un premier temps il s’agit du travail de prospection de Jean Charbonneau sur le site de Boissec, en 1958, qui a permis d’établir l’existence d’un important domaine gallo-romain daté des Ier-IIème siècles après Jésus Christ, doté d’un temple transformé en église catholique dédiée à Saint Etienne. D’autre part il est question de l’apport majeur des Actes du Colloque organisé en 2003 à Monflanquin consacré à l’ensemble de la vallée du Dropt jusque là dans un angle mort de la recherche « universitaire » à cette échelle.La rareté des sources écrites avant le XIVème siècle conduit à « interroger » toutes les ressources non écrites disponibles : les nombreux vestiges du passé sur le territoire de la commune, les photographies anciennes, les témoins des chantiers d’urbanisme. Le « paysage » est un livre d’images ouvert qu’il faut apprendre à « lire ».
Ainsi pouvons-nous, en entrecroisant les ressources locales non écrites, et la « grande Histoire » approcher l’Histoire de la Sauvetat du Dropt.L’ancienneté et l’intensité de la christianisation des régions se situant au Sud de la Dordogne avant la fin du IVème siècle et le dynamisme du premier monachisme amplifié par la réforme carolingienne du VIIIème siècle, permettent de penser qu’un établissement monastique existe sur le site de la Sauvetat, à cette période. Etablissement probablement rattaché à l’Abbaye bénédictine indépendante de Sarlat après la restructuration de cette dernière au IXème siècle.
L’église matrice paroissiale – saint Germain de Ravenne existe certainement depuis le VIIIème siècle. Le Prieuré autour de notre Dame (XIème siècle) devient une sauveté au tout début du XIème siècle dans le cadre du mouvement aquitain de la « Paix de Dieu » amorcé au Concile de Charroux en 989 et amplifié par la Réforme Grégorienne des XIème-XIIème siècles. Ce statut protecteur attire une population de paysans qui se fixe sur ce territoire protégé par l’Eglise et l’enrichit par son travail.
Le succès de cette sauveté attire les seigneurs de Caumont qui en font la Sauvetat de Caumont au tout début du XIIIème siècle avant que la place forte de la Sauvetat ne rentre dans le domaine royal capétien avec Philippe III le Hardi en 1271 et deviennent l’une des douze juridictions royales du Comté d’Agenais au tournant du XIIème-XIVème siècles. »
Tout au long de la soirée, Dominique illustre ses propos de photos prises en déambulant dans le village. S’il lui a été permis d’approcher de près le moulin dont la base date bien du XIIe, il se doute que de nombreuses maisons du village présentent elles-aussi de belles traces du passé. Son expérience des fouilles archéologiques lui permettrait de déceler la mémoire des évènements inscrite dans les pierres s’il avait la possibilité de visiter les caves ou peut-être les greniers pour les maisons situées contre les anciennes enceintes. Un appel est lancé …
Les siècles ont défilé et la soirée aussi. Dominique Aumônier est un passionné intarissable qui a passé énormément de temps à rechercher et consulter de nombreux documents écrits ou de sites en ligne. Chaque affirmation est étayée et les sources sont citées.
Une seconde conférence, dont on ne connaît pas encore la date, concernera la juridiction royale de La Sauvetat durant la guerre de 100 ans et les guerres de religion sur une période comprise entre le XIVe et le XVIe siècle. Nous avons hâte d’en apprendre davantage…